Jean-Jacques Rousseau et le Mercure de France

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Conferenza

Les 28 et 29 mai 2026, deux journées d’étude sur « Jean-Jacques Rousseau et le Mercure de France » se tiendront à l’Université de Neuchâtel, organisées à l’occasion des septante ans de l’Association Jean-Jacques Rousseau et dans le cadre du projet de recherche « Le Mercure de France et l’institution littéraire » (Université de Fribourg), en partenariat avec l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (Université Lumière Lyon 2). La participation est gratuite et sans inscription.

Périodique littéraire de grande diffusion, publié sous la protection et le contrôle du gouvernement, le Mercureaccueille dans la section des pièces fugitives les textes de tout ce que le XVIIIe siècle compte d’écrivains, qu’ils soient déjà connus ou qu’ils aspirent à une meilleure visibilité. Rousseau ne fait pas exception. Lecteur du Mercure, il consulte ce périodique au moins à partir de 1735, avec une intensité et une régularité qui varient probablement au fil des décennies. Poète et philosophe, il confie au Mercure des réflexions sur son système de notation musicale (« Lettre de M. Rousseau à M. D. », février 1743) ou des vers comme « L’Allée de Silvie » (septembre 1750) à la demande de son directeur l’abbé Raynal. Le Mercure joue un rôle déterminant lorsque, sur le chemin de Vincennes, Rousseau parcourt la livraison d’octobre 1749 et tombe sur l’annonce du concours de l’Académie de Dijon. L’illumination qui en résulte ne pose pas seulement les fondements du Discours sur les sciences et les arts, mais elle constitue encore le témoignage d’une expérience de lecture extatique d’un périodique littéraire.

D’autres moments forts ponctuent les rapports de Rousseau au Mercure. En 1755, par exemple, le périodique publie la lettre polémique de Voltaire sur le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes et la réponse de Rousseau. Celui-ci se plaint vivement du traitement que Louis de Boissy, alors responsable du Mercure, réserve à sa missive devenue méconnaissable. Trois ans plus tard, il se brouille cette fois-ci avec Jean-François Marmontel, successeur de Boissy, au moment de lui adresser sa Lettre à D’Alembert sur les spectacles. Il avait en effet pris le soin d’écrire sur l’exemplaire qu’un tel présent n’était « point pour l’auteur du Mercure, mais pour M. Marmontel ». Cette distinction ambiguë fâche le journaliste qui devient un farouche adversaire de Rousseau et qui critique longuement sa Lettre dans le Mercure. Après la publication de La Nouvelle Héloïse, c’est par le biais du Mercure que Rousseau choisit de s’adresser à ses lecteurs pour les prier de ne plus lui communiquer leurs ouvrages ou lettres de compliment (avril 1762). Dans les années 1760, sans commenter les pamphlets les plus virulents, le Mercure de Pierre-Antoine de La Place évoque à différentes reprises les querelles qui opposent Rousseau à Voltaire, Jacob Vernes et David Hume. Toujours à la recherche d’inédits concernant les auteurs de renom, le Mercure donne encore la première version imprimée du texte de Pygmalion en janvier 1771 (vol. 2), à une époque où tout Paris s’intéresse à cette œuvre théâtrale et musicale d’un goût nouveau. Enfin, Rousseau conserve une présence durable dans le Mercure après sa mort, entretenue notamment par la parution de ses Œuvres complètes entre 1780 et 1789 et par sa panthéonisation en 1794.

En premier lieu, nous explorerons la présence de textes de Rousseau dans le Mercure. Rousseau est-il à l’initiative de ces publications et quelles fonctions remplissent-elles à différents moments de son parcours ? Quel rapport entretient-il avec les directeurs successifs du périodique ? Observe-t-on la mise en place de stratégies éditoriales impliquant le Mercure aux côtés d’autres périodiques ou par préférence à d’autres périodiques ? Ensuite, nous voudrions comprendre quand et comment Rousseau lit le Mercure. Quel degré d’utilité et de fiabilité accorde-t-il au périodique et quelle place lui confère-t-il dans un paysage éditorial et médiatique global ? Enfin, le Mercure constitue une source abondante pour évaluer la réception tantôt critique, tantôt laudative des œuvres de Rousseau. Quelles formes prend cette réception ? Dans quelle mesure est-elle polarisée ? Peut-on identifier des moments rousseauistes dans le Mercure ? Rousseau réagit-il aux réfutations publiées de ses écrits et par quels biais ?

Organizzato da
Université de Nauchâtel

Veranstaltungsort

Université de Nauchâtel
Espace Tilo-Frey 1
2000 
Nauchâtel

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