État, historien-nes et communautés: la fabrique du récit national au Sénégal

1. aprile 2026 - 18:15 a 20:00
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Conférence de Ibrahima Thioub (Université Cheikh Ahmadoul Khadim)

a forte mobilisation du passé par le nouveau régime sénégalais – commémoration du massacre des tirailleurs à Thiaroye, nouveau parrainage de certaines artères de la capitale, célébration de figures comme Lat Joor – sur fond de souverainisme affirmé, ramène la question de la fabrique du récit national au cœur du débat public.

Historiens universitaires et communicateurs communautaires sont mobilisés à cette fin. S’établissent des relations complexes entre eux et l’État, dans la production des mémoires collectives. L’analyse des relations entre ces trois acteurs montre que la mémoire nationale n’est jamais une simple restitution du passé : elle sélectionne, hiérarchise et agence des figures et des événements, éveille les émotions, afin de produire cohésion, reconnaissance et mobilisation. À l’inverse, l’histoire universitaire, fondée sur la critique des sources et la contextualisation, vise moins l’adhésion que l’intelligibilité du processus historique.

De Léopold Sédar Senghor à Abdou Diouf, d’Abdoulaye Wade à Bassirou Diomaye Faye, en passant par Macky Sall, chaque régime a mobilisé différemment le passé pour construire sa légitimité, recomposer le panthéon national ou répondre à des moments de crise. Ces usages politiques du passé, auxquels mémorialistes et historiens contribuent différemment, mettent en évidence une tension permanente entre construction identitaire et exigence critique.

La fabrique du récit national sénégalais largement dominée par une lecture aristocratique, patriarcale et guerrière du passé éprouve d’énormes difficultés à s’inscrire dans une logique inclusive, attentive aux terroirs, aux figures féminines et aux groupes subalternes longtemps marginalisés. Cette situation explique toute la difficulté de l’intégration des récits concurrents dans les curricula scolaires : comment transmettre une mémoire partagée sans renoncer à la formation de l’esprit critique.

Organisée par le Geneva Africa Lab en partenariat avec le Musée national suisse - Château de Prangins dans le cadre de l'exposition Colonialisme. Une Suisse impliquée

Organizzato da
Geneva Africa Lab en partenariat avec le Musée national suisse - Château de Prangins

Veranstaltungsort

Uni Philosophes, salle 201
Boulevard des Philosophes 22
1204 
Genève
Lingua/e della manifestazione
Francese

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