Le folklore fribourgeois au XXe siècle : des livres à la scène

Cognome dell'autore
Vincent
Schicker
Tipo di ricerca
Tesi di master
Stato
abgeschlossen/terminé
Cognome del docente
Prof.
Claude
Hauser
Istituzione
Histoire contemporaine
Luogo
Fribourg
Anno
2024/2025
Abstract

Une grasse et verte pelouse au flanc d’un colline surmontée d’un petit chalet, un armailli en bredzon appelant son bétail en train de paître au son d’un Ranz des vaches solennel, le tout surveillé par la silhouette du Moléson sous un ciel bleu. Voilà l’image aujourd’hui connue de toutes et tous du canton de Fribourg, qui est en fait celle d’une Gruyère idéalisée : rurale, tranquille, alpestre et attachée aux traditions. En parallèle de cette image se produisent également sur scène de nombreux chœurs, des fanfares et des groupes de danse participant à la propagation et la mise en forme de cette image, et c’est via leur activité que nous étudierons les évolutions des représentations de ce folklore des années 1920 jusqu’aux années 1970.

 

Cet imaginaire folklorique n’est toutefois pas apparu de nulle part. Dès le XVIIIe siècle s’amorcent des mouvements identitaires qui prennent leur essor en Suisse et dans le canton de Fribourg durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Ces mouvements perdurent et se cristallisent durant la période entre les deux conflits mondiaux, et vont s’institutionnaliser avec la mise en place de la Défense spirituelle visant à armer moralement le pays face aux idéologies totalitaires et nazies. Dans le canton de Fribourg, cet élan fédéral ne fait qu’étayer et renforcer une forme de « Défense régionale spirituelle » déjà bien présente dans les années 1920, menée par Pierre de Zürich, Henri Naef et dans une certaine mesure Gonzague de Reynold. Une de ses plus récentes expressions est le mouvement des costumes : ce mouvement visant à remettre en avant les costumes régionaux s’inscrit dans la ligne directe du Heimatschutz et est issu de milieux réactionnaires voyant dans cette nouvelle mode un rempart contre les nouvelles mœurs, contre le mauvais goût, contre la banalité et contre les influences étrangères.

 

Si la première génération du mouvement des costumes se veut basée sur des éléments historiques plus ou moins fiables et souvent triés, le mouvement prend après la Seconde Guerre mondiale un nouveau tournant. Malgré les protestations de la Fédération nationale des costumes suisses, les groupes se déplacent de plus en plus à l’étranger, proposent des spectacles de danse et de musique, et inaugurent ainsi une nouvelle ère qui n’est cette fois plus tournée vers la conservation et la préservation de l’authentique mais vers la création et la remise au goût du jour du folklore, qui devient un phénomène de scène et perd son lien avec le quotidien. En somme, ce travail propose d’étudier l’évolution du « mouvement des costumes » par le prisme de la danse et de la musique, et comment sa philosophie a évolué d’une volonté de préservation/collectage à celle d’une mise en scène assumée, déconnectée des réalités qu’il cherchait à représenter à ses débuts, le tout formant un imaginaire folklorique fondamentalement artificiel, muséifié et théâtralisé.

Accesso al lavoro

Biblioteca

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