L’aura et le multiple: une histoire de la réception de la reproduction mécanique d’objets d’art au XIXe siècle

AutorIn Name
Elisa
Rodríguez Castresana
Academic writing genre
PhD thesis
Status
abgeschlossen/terminé
DozentIn Name
Prof.
Pascal
Griener
Institution
Institut d'histoire de l'art et de muséologie
Place
Neuchâtel
Year
2022/2023
Abstract

Le présent travail propose une nouvelle histoire de la reproduction mécanique dont l’un des principaux résultats est de remettre en question la théorie de l’aura formulée par Walter Benjamin dans son essai L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique. Grâce à la révision de la notion d’aura, et au dépassement des frontières disciplinaires de l’histoire de l’art, cette thèse de doctorat propose une nouvelle vision de la culture du XIXe siècle et du mythe épistémologique qui l’entoure.


Cette étude se concentre sur les contextes britannique et français. Elle retrace l’apparition des principales techniques de reproduction mises au point durant la première moitié du XIXe siècle, et elle analyse les conditions de leur apparition, leur diffusion et leur réception par le public. Après une étude comparative des différentes techniques, le cas de la galvanoplastie est analysé en profondeur, afin de mettre en lumière l’importance de l’essor de la vulgarisation scientifique dans
l’histoire de la réception de ces techniques. La deuxième partie de ce travail est consacrée à l’étude de la mise en exposition des reproductions d’objets d’art dans le contexte muséal. En mettant en oeuvre une approche caractéristique de l’anthropologie de l’objet d’art et le concept d’agency, cette étude aborde l’usage de la reproduction comme outil d’éducation dans les sociétés industrielles du XIXe siècle. À travers l’analyse du cas du South Kensington Museum (actuel Victoria & Albert Museum), et sa comparaison avec le Crystal Palace de Sydenham et le Musée Européen des Copies, ce travail théorise sous le nom d’effet de présence l’agency exercée par les reproductions d’objets d’art. Ainsi, cette étude offre une nouvelle compréhension de l’usage de la reproduction comme objet d’exposition au XIXe siècle.


Grâce à la notion de déplacement ou de glissement de l’enchantement cette thèse de doctorat offre une narration alternative à celle qui pose le désenchantement du monde, narration souvent invoquée au sujet de la culture industrielle du XIXe siècle. Cette nouvelle histoire de la réception de la reproduction mécanique nous permet donc d’observer comment la pensée magique, qui cohabite avec la pensée scientifique rationnelle, a contribué à la construction du monde du XIXe siècle, dont nous sommes aujourd’hui les héritiers.

 

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