Ce projet de thèse se propose d’étudier les mécanismes d’appropriation, dans l’art français et anglais du long XIXe siècle, des illustrations de textes antiques et médiévaux gravées d’après les compositions de John Flaxman (1755-1826). Il entend aborder ces processus dans le cadre des réflexions interrogeant alors les possibilités d’une communication immédiate offertes par l’image. Essentiels pour l’avènement du modernisme et des avant-gardes, ces questionnements conduisent artistes et théoriciens à explorer les vertus émotionnelles et symboliques des moyens graphiques et picturaux.
À l’extrême fin du XVIIIe siècle, le schématisme formel des gravures de Flaxman constitue à cet égard un fait visuel d’une importance capitale pour les développements artistiques du siècle suivant. Cette thèse prévoit d’aborder la manière dont peintres, sculpteurs et graveurs travaillent sur la base de l’expérience du regard proposée par les estampes flaxmaniennes pour développer les qualités expressives de leurs œuvres dans un détachement progressif de la narration et de la figuration mimétique. Elle considérera ainsi un aspect essentiel de l’œuvre graphique de John Flaxman jusqu’ici négligé par la recherche consacrée au sculpteur anglais.