« Ceci n’est pas une marmite ». Étude des usages satiriques et théologiques d’un motif polémique dans les controverses interconfessionnelles à l’époque des guerres de Religion (1562-1572)

AutorIn Name
Judith Rebecca
Roche
Academic writing genre
Master thesis
Status
abgeschlossen/terminé
DozentIn Name
Prof.
Paul-Alexis
Mellet
Codirection
Ueli Zahnd
Institution
Institut d'histoire de la réformation
Place
Genève
Year
2024/2025
Abstract

Les œuvres polémiques publiées pendant la période des guerres de Religion ont pour la plupart un seul objectif : convaincre. Elles sont investies de symboles, de motifs et de signes qui traduisent les tensions politiques, religieuses et sociales du second XVIe siècle. Imprégnées des images visuelles et mentales façonnées par la culture populaire, elles reprennent les tensions confessionnelles de leur temps et les restituent à leur public avec une intensité dramatique, reflétant un manichéisme grandissant qui accroît toujours davantage le fossé entre les tenants de l’Église romaine et ceux qui se disent de la Religion. Durant cette période, un flot inédit d’œuvres polémiques, à vocation doctrinale et spirituelle, fut imprimé à Genève et destiné à être diffusé largement parmi ceux de la Religion, de plus en plus nombreux dans le Royaume de France. En réaction, des théologiens catholiques intensifièrent leurs démarches pour contester ces écrits et exhorter la monarchie à exercer sa responsabilité de sauvegarde de la foi et de lutte contre l’hérésie. Au sein de cette production, l’image de la « marmite » se distingue. Tirée de l’expérience commune, la marmite s’inscrit dans les imaginaires populaires de l’enfer. Si les réformés reprennent cette symbolique, c’est avant tout dans une visée polémique : démontrer que l’Église catholique constitue le lieu depuis lequel l’enfer-marmite se déploie sur terre. À partir d’un corpus mobilisant théâtre, chanson, poésie, pamphlets et iconographie, la marmite véhicule des critiques qui vont de l’économie du Salut jusqu’au dogme de la transsubstantiation. Le succès de ce motif tient aussi à sa reprise par le théologien parisien Thomas Beauxamis. Dans deux pamphlets, il dénonce l’inversion spirituelle des réformés et les identifie en bloc à la marmite, qu’il s’agit, pour sauver le monde, de renverser. Le motif de la marmite interconfessionnelle révèle ainsi les différences confessionnelles, souligne les points de conflit et vulgarise les débats théologiques. Ce mémoire de maîtrise se propose dès lors d’interroger ce que ce motif transmet comme essence théologique et comme identité confessionnelle.

External ID
187585

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