L’Entente Internationale Anticommuniste en Italie (1924-1937) : l’évidence tournée à l’échec ?

AutorIn Name
Giuliano
Balmelli
Academic writing genre
Master thesis
Status
abgeschlossen/terminé
DozentIn Name
Prof.
Jean-François
Fayet
Institution
Histoire contemporaine
Place
Fribourg
Year
2024/2025
Abstract

L’Entente Internationale Anticommuniste (EIA) est une association anticommuniste internationale fondée en 1924 par l’avocat genevois Théodore Aubert. Durant tout l’Entre-Deux-Guerres l’objectif principal de l’Entente a été celui de développer une propagande anticommuniste internationale à travers l’ouverture de centres nationaux dans chaque pays (une modalité de travail qui jette l’œil à ce que faisait l’ennemi de l’Internationale Communiste).

L’Italie a constitué un objectif primaire grâce à la présence du régime fasciste. Pourquoi une société anticommuniste devrait-elle rencontrer des problèmes dans le développement de sa propagande anticommuniste dans un pays ouvertement opposée aux Soviétiques ? C’est avec cet esprit que la prise des contacts, prélude à une action qui est imaginée plus large, débute en 1924.

Les champs d’intervention varient largement et s’étendent de la propagande à travers les journaux aux pressions sur certaines sphères du gouvernement pour qu’elles prennent des décisions politiques contraires à l’Union Soviétique. Mais les contacts sont pris également avec les représentants du monde financier et industriel afin de se garantir le financement. Aubert et ses collaborateurs ne négligent non plus les relations avec le Vatican. Contrairement aux attentes, l’action de l’Entente se révèle un grand échec. Les Suisses se heurtent à toute une série de problèmes, mécompréhensions et malentendus qui empêchent l’ouverture d’un centre officiel jusqu’en 1937. À partir de cette date, le Centre d’Études Anticommunistes de Rome est formé par le gouvernement fasciste et il s’assume la charge de devenir centre officiel de l’EIA en Italie. À travers ce centre le régime fasciste fait parvenir à Genève le soutien financier longtemps recherché. Le Centre reste toutefois un produit voulu, créé et contrôlé par le régime mussolinien : c’est pour cette raison que même cette ouverture ne peut être considéré une victoire pour l’Entente.

Les raisons de l’échec italien de l’Entente sont multiples. Il y a d’abord des différences idéologiques entre l’anticommunisme soutenu par l’EIA et l’anticommunisme fasciste. Mais l’équipe dirigeante genevoise démontre aussi son manque de compréhension et de pragmatisme dans l’analyse du phénomène fasciste et de son positionnement sur l’échiquier international. Un choix questionnable des contacts, tout de même que la quasi-totale ignorance de la langue italienne, complète le tableau sombre qui émerge de l’analyse de treize années de contacts le centre genevois et la Péninsule.

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