En étudiant l’imaginaire du parfum dans l’art français du XVIIIe siècle, ce projet de thèse souhaite aborder la question des odeurs en histoire de l’art de la période moderne. Le parfum étant au coeur de la société française du siècle des Lumières, il révèle une très forte préoccupation des élites pour les odeurs. Pourtant, cette frénésie pour le parfum et pour ses accessoires semble démentir la dévaluation alors prévalente du sens de l’odorat, qui renvoie depuis l’Antiquité au « bas corporel ».
Cette thèse veut explorer la présence nouvelle du parfum dans la production artistique française du XVIIIe siècle en étudiant son imaginaire. Afin de dégager ce dernier, ce projet propose, d’une part, de cerner les enjeux culturels, sociaux, esthétiques et moraux du parfum et, d’autre part, d’analyser le rapport entre vue et odorat dans les pratiques artistiques françaises de cette période. En repensant la place de l’odorat en histoire de l’art et dans les pratiques artistiques, cette thèse souhaiterait contribuer à une approche renouvelée de l’art du XVIIIe siècle, en adoptant une démarche plurisensorielle.
Aussi, le parfum étant au centre de ce projet doctoral, une approche expérimentale sera développée afin de reconstituer des fragrances du XVIIIe siècle, dans le but de mener une réflexion sur leur (im)matérialité ainsi que sur la pratique scientifique de restauration d’odeurs historiques.