Hackathon culturel suisse: Les projets développés lors des précédentes éditions en quelques exemples

Les Hackathons culturels suisses des années 2015 et 2016 ont débouché sur des prototypes de projets de différentes portées : scientifiquement éclairants, pédagogiques ou tout simplement ludiques, ils sont tous le résultat d’une synergie nouvelle entre le monde des sciences humaines et celui de l’informatique.

De nombreuses bases de données historiques ont été mises à disposition pour la réalisation des ces événements. Une liste non-exhaustive des données numériques en open access relatives au patrimoine culturel suisse est disponible sur le site du Hackathon. A l’aide des outils informatiques les plus innovants, ces informations sont modélisées sous forme de projets dont certains, particulièrement intéressants, méritent d’être mis en avant.

La base de données en ligne des documents diplomatiques suisses a été judicieusement exploitée. On est ici en présence de documents clefs de la politique étrangère de la Suisse rédigés entre 1848 et 1975. L’équipe de quatre personnes qui a travaillé sur ce projet DoDis durant deux jours offrent, au final, différentes possibilités de visualiser l’activité diplomatique réalisée depuis Berne. Des schémas ou cartes permettent de saisir rapidement que l’allemand prédomine comme langue diplomatique mais aussi de voir quels sont les pays avec lesquels la Suisse entretient les relations extérieures les plus intenses durant un siècle et demi.

Le projet réalisé sur la base de données de l’Union Suisse des Comités d'Entraide Juive (dont les archives sont déposées aux Archives de l’histoire contemporaine de l’ETH de Zürich) est également utile pour la transmission de la connaissance historique. Cette association privée, fondée en 1908, avait pour but d’aider les réfugiés juifs de passage en Suisse. L’équipe du Hackathon, grace à ces données, a pu créer une carte permettant de suivre les déplacements de près de 20'000 réfugiés dans 535 lieux de Suisse entre 1898 et 1975.

Un autre projet, pédagogique cette fois, met en valeur la Collection Gugelmann de 2'300 illustrations de paysages helvétiques faites au crayon, à l'aquarelle ou à l'huile par les « petits-maîtres suisses » au XVIIIe et XIXe siècle. Il s’agit d’un des fonds les plus précieux de la Bibliothèque nationale suisse. La circulation de ces images dans toute l'Europe a créé la vision typique de la Suisse qui prévaut toujours aujourd'hui. Le projet réalisé lors du Hacakthon a donné lieu à un prototype permettant une visite virtuelle de la collection dans un environnement 3D. Il s’agit d’un bel exemple non seulement de valorisation des illustrations mais aussi de leur potentiel de diffusion à un public large.

L’évaluation des précédentes éditions est très positive. Les résultats de l’enquête menée auprès des participants sont disponibles sur le site internet du hackathon. En 2016, ce dernier a attiré une centaine de personnes provenant tant des sciences humaines que du milieu de l’informatique et a donné lieu à une vingtaine de projets. Si les fournisseurs de données et les développeurs de logiciels étaient majoritaires, les chercheurs et les créateurs n’étaient pas en reste. Les hackathons restent un milieu très masculin. Avec un tiers de participation féminine, force est de constater que le Hackathon culturel suisse attire plus de femmes que la moyenne générale de ce type d’événement (généralement 12%). Le hackathon est une occasion en or pour trouver de nouvelles inspirations, impulser des projets et trouver des partenaires pour les réaliser. Près de la moitié des participants ont poursuivi le travail élaboré lors de l’événement. Mais l’efficacité du hackathon réside avant tout dans le fait qu’il influence positivement les décideurs dans leur volonté d’accroître l’accessibilité en ligne des données culturelles suisses.