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Open Access Week 2012

S'ouvre aujourd'hui la sixième édition de Open Access Week 2012, une manifestation internationale en faveur de l'Open Access.

Nous avons déjà célébré l'Open Access Week sur ce blog en 2010 et en 2011, en rappelant notamment l'origine et les principes du mouvement Open Access, en récapitulant les sources d'information disponibles en Suisse en Open Access, ou en évoquant les enjeux du débat.

Cette année, d'importants développements en Angleterre et en Europe font penser que l'Open Access est sur le point de connaître un nouvel essor.
En Angleterre, le gouvernement a annoncé cet été qu'à partir du 1er avril 2013, toutes les recherches financées par des fonds publics seraient tenues de publier leurs résultats selon les normes de l'Open Access.
Même tendance à la Commission européenne, qui annonce dans une communication (PDF, 12p.) que le 100% des publications scientifiques issues du programme de recherche Horizon 2012 (2014-2020, 80 milliards de francs au budget) devront être disponibles en libre accès.

La tendance n'est pas nouvelle. La déclaration de Berlin, fondatrice du mouvement, date de 2003. Le Fond national suisse l'a lui-même ratifiée en 2007. Cependant, faute de mesure de contrôle (et de sanctions), elle était restée lettre morte. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est la volonté politique affirmée de faire respecter les engagements pris vis-à-vis de l'Open Access.

Les premiers concernés sont évidemment les éditeurs, qui se voient sommés d'adapter leur modèle commercial. Leur réponse s'appelle "modèle auteur-payeur", et fonctionne déjà chez des éditeurs comme Plos. Les coûts de publication ne sont pas facturés au client, mais aux auteurs auxquels, une fois leur article accepté, on demande de payer une certaine somme, qui peut varier de quelques centaines à plusieurs milliers de francs.

Cette tendance ne remet pas directement en question le rôle des éditeurs scientifiques ni le montant des coûts de publication (ces derniers sont simplement déplacés des bibliothèques aux auteurs, eux-même financés par leurs institutions de recherche; à la fin c'est presque toujours l'Etat qui paie), mais offre l'avantage de garantir un accès universel via le Web aux publications scientifiques.

D'autres modèles existent, comme le modèle Freemium, défendu par Open Edition, qui consiste à rendre accessible les articles gratuitement en ligne tout en vendant aux bibliothèques un abonnement avec des fonctionnalités avancées (téléchargement en PDF, statistiques d'utilisation, etc.). La grande réforme de l'édition scientifique ne fait que commencer...