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Open Access - Un dialogue de sourds ?

La semaine internationale 2011 de l'Open Access s'est terminée hier, mais la promotion de l'accès libre à l'information scientifique, huit ans après la Déclaration de Berlin, n'en est encore malheureusement qu'à ses débuts.

J'aimerai simplement signaler ici deux ressources qui révèlent certaines contradictions sur le sujet.

La première est une page web intitulée Open Access Information & Guidance. Éditée par un groupe d'universités britanniques appuyé par le puissant Joint Information Committee (JISC), elle offre sept rubriques sur les différents aspects de l'OA, avec pour chacune une définition et des liens vers des ressources de référence.

La seconde est le rapport final du projet européen PEER (Publishing and the Ecology of European Research). Des chercheurs ont mené pendant deux ans une enquête à l'échelle européenne sur les attitudes des chercheurs envers l'Open Access et les archives institutionnelles pour arriver à la conclusion suivante (p. 91):

"Academic researchers have a conservative set of attitudes, perceptions and behaviours towards the scholarly communication system and do not desire fundamental changes in the way research is currently disseminated and published."

Deux attitudes opposées, donc, que celle des universités et institutions de soutien à la recherche, d'une part, et celle des chercheurs, d'autre part. Les premières cherchent à regagner le contrôle sur les contenus produits en leur sein et alléger leur dépendance envers les grands éditeurs scientifiques. Les seconds sont attachés à maintenir le système d'édition scientifique existant, basé sur un nombre limité de revues qui font autorité dans leur champ disciplinaire respectif; un système par lequel leurs travaux ont été validés et dans lequel ils ont parfois un rôle comme éditeur ou comme expert.

Il y a donc une contradiction à relever dans le débat sur l'Open Access, ou plutôt une diversité des points de vues. Les institutions abordent la question de l'Open Access du point de vue de l'efficience et des coûts, alors que les chercheurs se préoccupent de ses effets sur les mécanismes de validation scientifique par les pairs. Tant que ces deux pôles n'auront pas trouvé un terrain de discussion commun, je crains que peu de progrès significatifs ne soient à espérer.

Pour terminer sur une touche positive, on peut noter la très grande vivacité des initiatives touchant de près ou de loin à l'OA en suivant sur Twitter le hashtag #OAweek ou #OA.