Europeana & dodis launch : un compte-rendu

La bibliothèque nationale suisse recevait hier la visite de Jill Cousins, directrice du portail Europeana, dans le cadre des Library Science Talks 2010.

A la même occasion fut inaugurée l'intégration dans Europeana des documents diplomatiques suisses (dodis.ch). Voici un petit compte rendu des évènements.

  • Lancé en novembre 2008, le portail Europeana contient aujourd'hui 7.5 millions d'objets numériques. Il s'appuie sur un réseau de 180 partenaires. Les participants, dont dodis.ch fait désormais partie, reversent leur métadonnées dans Europeana, qui fonctionne ainsi comme un meta-agrégateur.
  • Les collections sont composées de 77% d'images, 20% de textes, 2.4 % de vidéos. Les sources proviennent de toutes les époques historiques, à l'exception du XXe siècle - "The XX century blackhole" - la faute au copyright.
  • Europeana se voit à l'avenir comme un distributeur, qui facilite l'extraction de ses contenus et de sa technologie vers l'extérieur, qui promeut son code open source, développe des APIs et rédige des réglementations sur l'usage des objets numériques du domaine public à l'échelle européenne. Comme le dit Mme. Cousins, Europeana veut revêtir la cape du "Champion of the Public Domains"
  • Des problèmes, il y en a plein. Mais les plus coriaces semblent être les liens cassés, le manque de copyright unifié à l'échelle européenne, la gestion du plurilinguisme et last but not least la justification auprès des créanciers (4.5 mio de coûts fixes/an) de la valeur créée.
  • Comment quantifier la valeur ajoutée d'un service virtuel ? Voilà une bonne question ! Lors du congrès ECA 2010, Oliver Morley (director, UK National Archives), expliquait qu'il avait adopté, à l'intention de ses administrateurs, l'équation simple "historical value = business value". Pour Jill Cousins les choses semblent un peu plus compliquées, et l'équation sur laquelle elle travaille ressemble d'avantage à "une question à laquelle l'utilisateur obtient un réponse = une valeur ajoutée".
  • En ce qui concerne dodis.ch, 6000 documents ont été reversés dans Europeana. Ils représentent une nouveauté dans le portail européen à double titre: par leur nature d'archives d'un côté, par leur nature diplomatique de l'autre.
  • Les 6000 documents ne constituent qu'une partie de la base de donnée dodis.ch, mais qui suffit déjà, comme le disait avec humour son directeur Sacha Zala, à prendre le pouvoir sur l'histoire de l'Europe. Pour s'en convaincre, il suffit de chercher "Intégration Européenne" dans Europeana.